La publicité Guess avec un mannequin IA dans Vogue : ce qui s'est passé et les leçons pour les marques
Une publicité Guess mettant en scène un mannequin généré par IA est parue dans Vogue US en août 2025, avec une petite mention de transparence. La levée de boucliers, puis les nouvelles lois sur l'information du public, montrent ce que les marques doivent désormais maîtriser.

L'ESSENTIEL Résumé de la rédaction
- Le numéro d'août 2025 de Vogue US contenait une publicité Guess sur deux pages mettant en scène un mannequin généré par IA, créé par le studio Seraphinne Vallora et signalé par une petite ligne : « Produced by Seraphinne Vallora on AI ».
- Vogue a indiqué que la publicité relevait de sa régie publicitaire et non de sa rédaction, selon FashionNetwork.
- Les critiques ont porté sur la perte de travail pour les photographes, les mannequins et les équipes de production, ainsi que sur des standards de beauté irréalistes ; une vidéo TikTok consacrée à la publicité a dépassé deux millions de vues.
- L'État de New York a promulgué le 11 décembre 2025 une loi (S.8420-A/A.8887-B) qui oblige les producteurs de publicités à signaler les interprètes synthétiques générés par IA.
- L'article 50 de l'AI Act européen, applicable à partir du 2 août 2026, impose aux déployeurs d'indiquer que les contenus image, audio ou vidéo constituant un hypertrucage ont été générés ou manipulés artificiellement.
En août 2025, Vogue US a publié une publicité Guess mettant en scène un mannequin entièrement généré par IA, signalé uniquement par une petite ligne de texte. La publicité a suscité une forte réaction du public sur l'emploi, les standards de beauté et la transparence. Depuis, l'obligation de signaler les personnes synthétiques dans la publicité est passée de bonne pratique à exigence légale sur certains marchés, notamment à New York et, à partir d'août 2026, dans l'Union européenne.
Qu'était la publicité Guess avec un mannequin IA dans Vogue ?
Selon Marketing-Interactive, le numéro d'août 2025 de Vogue US contenait une double page Guess montrant une mannequin blonde dans deux tenues : une combinaison-short bleu pâle à appliqués floraux crème et une robe à chevrons noirs et blancs assortie d'un sac à main. La mannequin n'était pas une personne réelle. Les images avaient été créées par Seraphinne Vallora, un studio de création reposant sur l'IA cofondé par Valentina Gonzalez et Andreea Petrescu. FashionNetwork a rapporté que le studio avait également placé des mannequins synthétiques dans Elle, Grazia, Harper's Bazaar, le Financial Times et le Wall Street Journal.
Comment l'usage de l'IA a-t-il été signalé ?
Une petite ligne dans un coin de la publicité indiquait « Produced by Seraphinne Vallora on AI », selon Marketing-Interactive. FashionNetwork a rapporté que Vogue avait précisé que la publicité relevait de sa régie publicitaire plutôt que de sa rédaction. Au moment de l'article de Marketing-Interactive, le 29 juillet 2025, ni Guess ni Vogue n'avaient publié de déclaration, et Guess n'avait pas diffusé la publicité sur ses propres réseaux sociaux.
Le studio a défendu sa pratique. Andreea Petrescu a déclaré à BuzzFeed, cité par Marketing-Interactive : « Nous le signalons, les marques avec lesquelles nous travaillons le signalent. » Sur Instagram, le studio a fait valoir que l'IA est « un outil comme un autre dans le secteur du design » et que ses images sont « faites par des humains, des créatifs et des designers ».

Pourquoi la publicité Guess a-t-elle provoqué une levée de boucliers ?
Les critiques se sont articulées autour de trois axes :
- L'emploi. Les détracteurs ont estimé que les mannequins synthétiques privent de travail rémunéré les mannequins, photographes, stylistes et équipes de production. Un correspondant tech de Newstalk cité par FashionNetwork a déclaré : « Cela met des gens au chômage. »
- Les standards de beauté. Des commentateurs ont jugé qu'un corps idéalisé, généré par IA, impose une norme inatteignable, un point également relevé par eWeek lorsqu'il est revenu plus tard sur le débat.
- Le contexte. Des lecteurs ont opposé la publicité à l'héritage photographique de Vogue, citant des photographes comme Irving Penn et Lee Miller.
La réaction a largement débordé des médias de mode. Une vidéo TikTok de l'utilisatrice @lala4an a dépassé deux millions de vues, et la youtubeuse Isabel Brown a elle aussi critiqué la publicité, selon Marketing-Interactive.
Quelles règles de transparence s'appliquent désormais aux mannequins IA dans la publicité ?
Les règles se sont durcies depuis la parution de la publicité. Les marques qui communiquent sur plusieurs marchés doivent vérifier les exigences ci-dessous avec un conseil juridique, car les détails et les calendriers diffèrent.
| Juridiction | Règle | Ce qu'elle exige | Statut |
|---|---|---|---|
| État de New York | S.8420-A/A.8887-B | Les producteurs ou créateurs de publicités doivent signaler les interprètes synthétiques générés par IA | Promulguée le 11 décembre 2025 |
| Union européenne | AI Act, article 50, paragraphe 4 | Les déployeurs doivent indiquer que les contenus image, audio ou vidéo constituant un hypertrucage ont été générés ou manipulés artificiellement | Applicable à partir du 2 août 2026 |
| Union européenne | AI Act, article 50, paragraphe 2 | Les fournisseurs de systèmes d'IA générative doivent marquer les contenus produits dans un format lisible par machine et détectable | Applicable à partir du 2 août 2026 |
Au sens de l'AI Act, un hypertrucage est un contenu qui ressemble à des personnes, objets, lieux ou événements existants et qui semblerait faussement authentique. Pour les œuvres manifestement artistiques, créatives ou fictionnelles, l'obligation se limite à signaler l'existence de contenus générés d'une manière qui n'entrave pas leur présentation. L'information doit être claire et reconnaissable au plus tard lors de la première exposition. Une petite mention dans un coin, comme dans la publicité Guess, pourrait ne pas satisfaire à cette exigence dans tous les cas.
Les marques de mode doivent-elles utiliser des mannequins générés par IA ?
Les mannequins IA peuvent réduire les délais et les coûts de production, et permettent d'adapter rapidement les visuels à différents produits et marchés. Andreea Petrescu a expliqué que le travail du studio avait commencé comme un moyen de promouvoir la marque de bijoux des fondatrices sans budget mannequin. En regard, le cas Guess montre les coûts en termes de réputation : pertes d'emplois perçues, critiques sur les idéaux de beauté et risque que le public de la marque y voie une mesure d'économie. La décision doit être prise de façon réfléchie, selon des critères clairs, plutôt que laissée à la méthode de production d'une agence. Le marketing, le juridique et la direction de la marque doivent tous la valider, car les conséquences dépassent une seule campagne.
Que doivent vérifier les marques avant de lancer une campagne avec un mannequin IA ?
- Objectif : documenter pourquoi un mannequin synthétique est utilisé et ce qu'il apporte sur le plan créatif.
- Transparence : signaler de façon visible, pas seulement dans une ligne de crédit, et respecter la règle la plus stricte parmi les marchés où la publicité est diffusée.
- Droit à l'image : vérifier que le mannequin ne ressemble pas à une personne réelle et que toute personne réelle dont l'apparence a été utilisée a donné son consentement.
- Représentation : examiner les morphologies et les traits au regard des engagements de la marque en matière de diversité.
- Politique du partenaire média : convenir à l'avance de la manière dont l'éditeur signale la publicité générée par IA.
- Plan de réponse : préparer une déclaration avant le lancement, car le silence après des critiques est généralement perçu comme une esquive.

Que signifie le cas Guess pour le secteur ?
La publicité est devenue une référence parce qu'elle a placé une personne générée par IA dans le titre de presse de mode le plus en vue, en le signalant en petits caractères. Elle a montré que le public tient à savoir si les personnes figurant dans l'imagerie de mode sont réelles, et que les éditeurs, les agences et les marques partagent la responsabilité de le rendre clair. Le signalement étant désormais une obligation légale sur certains marchés, la question qui reste ouverte pour les marques porte moins sur la nécessité de signaler les mannequins IA que sur l'intérêt même d'un mannequin synthétique pour la marque.
Questions fréquentes
La mannequin de la publicité Guess dans Vogue était-elle réelle ?
Non. La mannequin de la publicité Guess parue dans le numéro d'août 2025 de Vogue US a été générée par IA par le studio Seraphinne Vallora. Une petite ligne dans la publicité indiquait « Produced by Seraphinne Vallora on AI ».
Vogue a-t-il signalé la mannequin générée par IA ?
La publicité elle-même comportait une petite mention. Vogue a indiqué que la publicité relevait de sa régie publicitaire plutôt que de sa rédaction, selon FashionNetwork.
Est-il légal d'utiliser des mannequins IA dans la publicité ?
Oui, mais des règles de transparence s'appliquent de plus en plus. L'État de New York a promulgué en décembre 2025 une loi imposant de signaler les interprètes synthétiques générés par IA dans les publicités, et l'AI Act européen exige le signalement des hypertrucages à partir du 2 août 2026.
Qui est Seraphinne Vallora ?
Seraphinne Vallora est un studio de création reposant sur l'IA, cofondé par Valentina Gonzalez et Andreea Petrescu. Il a créé la mannequin IA de la publicité Guess et a placé des mannequins synthétiques dans plusieurs autres publications, selon FashionNetwork.
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SOURCES
- FashionNetwork: Vogue US faces backlash over Guess ad featuring AI-generated model
- Marketing-Interactive: Outrage erupts as Vogue runs Guess ad with AI-generated model
- New York State Governor: Governor Hochul signs legislation to protect consumers and boost AI transparency in film industry
- EU Artificial Intelligence Act (artificialintelligenceact.eu): Article 50, transparency obligations
- eWeek: Valentino's ad sparks backlash about 'AI slop'



